Comme souvent, j’écris après avoir visionné un documentaire sur Arte. Classique. Les images ont toujours été un déclencheur pour moi. Aujourd’hui je tiens à m’exprimer sur le réchauffement climatique (dans la seconde partie de cet article) et surtout à vous faire découvrir (ou redécouvrir puisque le documentaire en question date de 2012) « Chasing Ice », un docu de Jeff Orlowski suivant le projet EIS (Extreme Ice Survey) de James Balog, célèbre photographe américain publié régulièrement dans National Geographic.

Cet article a été réalisé en mode BLOG

Après plusieurs conférences internationales sur le changement climatique (COP) décevantes, la COP21 a renforcé un peu la confiance en l'écologie à l'échelle mondiale. Pourtant certains s'engouffrent dans une tendance alternative faite de aujourd'hui nettement infondé voire de provocation (Trump entres autres). Pour ceux qui hésitent encore sur le sujet, James Balog fait le point en images. Ce qui m'a amené, suite au visionnage de Chasing Ice à approfondir le sujet et cogiter un peu.

 

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L’ESSENTIEL

Ce film exceptionnel, suit James Balog dans de nombreuses expéditions à travers le monde à la recherche de preuves tangibles, en images, de la fonte des glaces et plus globalement du réchauffement climatique. Cet ancien climato-sceptique a changé d’avis quand il a découvert avec ses propres yeux, l’ampleur des dégâts. Il a lors décidé, en 2005, de consacrer presque entièrement son travail sur cette thématique. Ses images sont exceptionnelles de beauté et criantes de vérité. Comment être sceptique après ça ? A moins de remettre en cause des milliers d’images qui auraient dû être retouchées de façon professionnelle (des heures de travail pour chaque image) pour mentir aussi bien ?

James Balog a disposé plusieurs dizaines d’appareils photographiques près de plusieurs glaciers au travers du monde : au Groenland, en Amérique du Nord et au Canada (dans les Rocheuses), en Islande, en Bolivie, au Népal, dans les Alpes… Le documentaire n’est pas réalisé par James Balog lui-même mais suit en fait son travail dans le cadre de son projet EIS (Extreme Ice Survey). L’intérêt est donc double : prendre conscience, en images, de la fonte des glaces, et observer le travail éreintant et acharné d’un passionné qui veut, plus que tout, atteindre ses objectifs, quitte à y laisser des plumes sur le plan moral au début (suite à de nombreux échec techniques) puis sur la plan sanitaire, après plusieurs opérations lourdes au genou l’empêchant, sur la fin de l’aventure, de s’impliquer autant qu’il le voudrait sur le terrain.

Ce film est beau par ses images, par son message (écologique) ET par les valeurs qu’il véhicule : courage, dévouement, ténacité.

« Chasing Ice » a été encensé par la critique et a gagné énormément de prix (plus de 30), dont un à Sundance et un Emmy award. Le Huffington Post a d’ailleurs écrit en 2012 : « One of the most beautiful and important films ever made. » soit « Un des films les plus beaux et les plus importants jamais fait. ». Ca ne dit pas tout mais ça devrait achever de vous convaincre, du moins je l’espère.

 

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LE COMPLEMENT

Réchauffement climatique : les bases

Rappelons tout de même la base du concept de réchauffement climatique… Je me base ici sur une vidéo (« Comprendre le réchauffement climatique en 4 minutes« ) produite par le très sérieux quotidien français Le Monde synthétisant les faits en 4 minutes :

97% des scientifiques travaillant sur le changement climatique estime que la terre se réchauffe en raison des activités humaines.

« L’effet se serre » qui a été bien médiatisé est un processus naturel mais que l’homme amplifie et dérégule en émettant trop de « gaz à effets de serre » comme le dioxyde de carbone, le méthane ou le protoxyde d’azote.

Ces gaz à effet de serre sont produits par des activités comme la combustion du pétrole et du gaz (nos usines et véhicules) et l’agriculture intensive (les animaux émettent énormément de gaz de ce type) mais pas uniquement.

La déforestation a également un impact important car les arbres régulent l’émission du dioxyde de carbone en l’absorbant et en aidant à les « filtrer » dans l’air, pour faire simple.

Ces gaz à effet de serre ont grandement augmenté depuis la révolution industrielle (depuis le milieu du 19ème siècle) de façon disproportionnée par rapport à l’échelle planétaire, qui a déjà connu des réchauffements mais jamais à ce point-là depuis des centaines de milliers d’années.

En une centaine d’année (1900 – 2000) l’accumulation de CO² dans l’atmosphère est passé d’un indice de 270 à 400, soit une augmentation de près de 50%. Il s’agit de la concentration en CO² la plus forte depuis au moins 800 000 ans.

En gros le réchauffement climatique s’emballe complètement depuis 150 ans environ et ne suit donc pas un cycle naturel. Nous avons déréglé le climat avec ce que nous appelons « le progrès technologique ».

En conséquence, la température moyenne terrestre a augmenté de 0,8 °C depuis la fin du 19ème siècle. Si rien ne bouge et que la concentration de CO² double d’ici 2100, la température terrestre augmentera entre 1,5 et 4,5 °C.

En raison de la fonte des glaces, le niveau de l’océan est en train de s’élever dangereusement. Par exemple, depuis les années 80, la banquise arctique a fondu de 30%. Les océans s’élèvent de 3,3 mm par an. On pourrait envisager une élévation d’environ 1 mètre d’ici 2100. Des archipels comme les Maldives pourraient ainsi disparaître.

Plus de sécheresses et plus de précipitations selon les zones. Mais également un débit des fleuves amoindri donc un réchauffement moindre des centrales thermiques et nucléaires donc une consommation diminuée à prévoir en matière d’électricité.

Un effet moins connus sur lesquels peu d’analyses o été faites : l’acidification des océans… Un phénomène très nouveau et rapide qui menace certains planctons et coquillages au risque de bouleverser la chaîne alimentaire.

Wikipédia précise également que les effets du réchauffement sont visible sur les glaciers arctiques et groenlandais mais aussi plus près de nous sur les glaciers européens.

Les glaciers alpins auraient ainsi perdu presque deux tiers de leur masse de 1850 à 2010.

 

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MON OPINION

A mon humble avis… (si, si c’est intéressant)

On entend parler du réchauffement climatique depuis la fin des années 80, plus au moins parallèlement à la création du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) par l’ONU en 1988, mais c’est surtout à la fin des années 90 et au début des années 2000 que les médias ont commencé à relayer l’information au grand public avec des films et documentaires parfois à consonance scientifique ou jouant sur l’émotion.

Personnellement, chaque fois que j’ai regardé un de ces documentaires, qu’il joue sur la corde sensible ou pas, qu’il dévoile de superbes (et terrifiantes) images ou qu’il reste factuel, dans la minute j’avais envie de tout quitter pour aider ces gens qui s’engagent pour stopper ce phénomène ou le porter à la connaissance du plus grand nombre. Chaque fois j’ai écrit, j’ai bloggé, j’ai réfléchi, j’ai débattu… Puis la réalité et le quotidien m’on rattrapé et je suis retourné au boulot et aux affaires courantes. Le lendemain je faisais le plein d’essence dans ma voiture et le surlendemain je poussais un peu plus le chauffage car j’aime bien marcher pieds nus chez moi en hiver.

On va dans le bon sens : lentement mais sûrement

Aujourd’hui, pas grand chose ne va changer me concernant. Je vais encore écrire un article (qui sera lu par une dizaine de personnes), trois petits tours et puis s’en vont. Mais dans le fond, petit à petit, quelque chose change chez moi. C’est très lent, comme le réchauffement climatique, mais ça bouge. Je trie de mieux en mieux mes déchets, je choisis de plus en plus souvent de marcher plutôt que de prendre un véhicule, je privilégie mon scooter à ma voiture, j’envisage dès que possible d’investir dans un véhicule hybride ou électrique, je consomme de façon un peu plus consciente, je mange moins de viande, j’éteins les lumières et les appareils électriques en veille quand je ne m’en sers pas, j’utilise des ampoules basse consommation, je limite ma consommation de chauffage, je réduis le temps de mes douches… Et je pense que de nombreuses personnes ont pris le virage en même temps que moi.

Un véritable écolo rirait volontiers en me lisant, mais ce qu’il faut retenir c’est que j’ai pris conscience de la réalité du réchauffement climatique et que je progresse dans mon attitude personnelle vis-à-vis de ce phénomène. Si tout le monde en faisait de même (et je crois sincèrement qu’on est sur la bonne voie), ça serait déjà énorme. D’ici quelques années peut-être que mon emprunte climatique et mon rejet personnel de déchets sera proche de zéro, peut-être que j’aurai mis un pied dans l’engagement écologique ou politique. Qui sait ? Lentement mais sûrement…

Climato-sceptiques et j’men-foutistes

Comme je le disais plus haut, j’ai foi dans l’être humain et sa propension à comprendre l’enjeu du réchauffement climatique, à réagir avant qu’il ne soit trop tard, à protéger ce qu’il aime : la beauté de notre planète, l’équilibre des océans et de la terre, un air respirable sans masque et j’en passe. Je crois férocement que nous ne sommes pas idiots au point de foncer dans un mur tête baissée aveuglés par les phares du profit et de notre durée de vie personnelle. Je pense que ceux qui crament la chandelle par les deux bouts en se disant « Tant pis. La vie est courte. Je ne vais pas me la compliquer pour les quelques années qui me restent à vivre. Laissons ça aux générations futures », je pense que ces gens-là sont une minorité.

En revanche, ce qui me fait un peu flipper, c’est que le discours « climato-sceptique » qu’on entendait beaucoup il y a quelques années semble étrangement subsister encoure aujourd’hui. Il suffit de taper « réchauffement climatique » dans Youtube pour s’en rendre compte. Des vidéos à peine croyables, des démonstrations infondées, des commentaires hallucinants… Pire, un nouveau mouvement semble s’orienter vers le fait d’assumer pleinement d’en avoir rien à foutre, tout simplement, sans argument scientifique ou politique. L’élection d’un type comme Trump conforte cet état d’esprit. Idem avec le succès populaire de Poutine ou Rodrigo Duterte aux Philippines.

Je pense que, partout dans le monde, les gens sont assommés par les infos écologiques, souvent déprimantes il faut l’admettre, et sont à la recherche d’arguments (aussi faciles et bancales soient-ils) pour se faciliter la vie et enterrer ces « doctrines écolo » qui ne font que nous compliquer la vie et faire une croix sur certains éléments de confort durement acquis. C’est si simple de succomber aux appels des populistes surtout si les médias sont tenus en laisse, ce qui a pour effet d’empêcher l’esprit critique de se mettre en place.

Comme le dit James Balog à la fin du documentaire « Chasing Ice », je ne veux avoir honte quand mon fils me demandera dans quelques dizaines d’années : « Et toi papa, tu as fais quoi quand tu as pris conscience du réchauffement climatique ? ». Pensez à ces allemands (et certains français qu’on a appelé les « collabos ») à l’époque du nazisme… Le parallèle est un peu grossier, mais à chaque fois que je me pose la question de l’importance du phénomène et de mon inaction, je ne peux pas m’empêche de penser à ces pauvres gens qui sont restés immobiles ou incrédules alors que les preuves s’accumulaient dans les années 30. Je ne veux pas pouvoir me comparer à eux une fois devant le fait accompli. Hors de question.

Un équilibre est envisageable : nous devons l’amorcer puis les industriels et les politiques suivront

Sans parler des impacts humains à long terme comme l’engloutissement des Maldives (voire des Pays-Bas) ou les migrations climatiques massives (on parle de 250 millions de déplacés d’ici 2050 en conséquence directe du réchauffement climatique) qui ne sont pas assez concrètes à nos yeux aujourd’hui – et c’est bien normal – on peut d’ores et déjà observer des conséquences évidentes dès aujourd’hui, dans notre quotidien, et ça c’est bien concret.

Quitte à sortir un peu de sujet et évoquer une conscience écologie plus générale, personnellement je trouve les effets de la pollution déjà bien nocifs pour rester de marbre. Certains jours de l’année la loi m’interdit de me déplacer à Paris en scooter et il est même recommandé de rester chez moi ou porter un masque. Les océans que j’ai plaisir à surfer sont saturés de plastiques, d’hydrocarbures et d’excréments. Les paysages que j’adore observer et photographier sont de plus en plus gâchés par l’urbanisation et le tourisme de masse. Les montagnes sur lesquelles j’adore glisser sont de moins en moins enneigées. Je m’arrête là mais je pourrais citer des dizaines d’exemples. Il y a un côté inéluctable à tout cela, simplement lié à la surpopulation humaine, c’est vrai. Mais en changeant de mentalité, on pourrait simplement limiter notre impact sur la planète sans toutefois, j’en ai peur, le juguler.

Je crois dur comme fer qu’il y a un juste équilibre entre confort moderne, jouissance, simplicité, bonheur d’un côté et conscience écologique, esprit critique, petits efforts au quotidien d’un autre côté. Charge à chacun d’entre nous de le trouver. C’est comme dans un couple, l’amour entre l’homme est la nature ne tient que grâce à de constantes concessions et des compromis réguliers. Si la nature nous semble assez capricieuse, j’ai plaisir à croire qu’elle nous en passe en réalité plus qu’on ne le croit. Et nous ? Est-ce qu’on fait suffisamment d’efforts pour que notre couple subsiste ?

Il faut y croire et surtout ne pas perdre espoir. Grâce à des gens comme James Balog, Al Gore, Nicolas Hulot, Yann Arthus-Bertrand et bien d ‘autres, notre conscience du danger que nous faisons subir à notre planète est en train de prendre place, bien au chaud dans nos esprits. Mais pour que cette graine porte ses fruits il faudrait passer un cap supérieur ; et ce cap nécessite impérativement l’implication des industriels et des politiques. Si les hommes font l’effort de changer, ils seront obligés de nous suivre car leur propre équilibre repose sur nous : les consommateurs, les électeurs. Toute révolution passe par un mouvement populaire, ça s’est toujours passé comme ça. La révolution n’a sans doute pas besoin d’être soudaine ou violente, elle peut aussi être progressive. A nous de faire le premier pas.

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