La mode s’est mondialisée, plus que jamais les médias nous incitent à suivre la tendance au jour le jour et les enseignes de l’habillement se sont regroupées dans d’énormes marques proposant parfois des prix hallucinants (le lot de 10 paires de chaussettes à 5 €). Au final : on consomme (trop), on use, on démode, on stocke dans les fonds de tiroir et parfois on recycle (mal)… Focus sur un énorme gâchis planétaire.

 

Cet article a été réalisé en mode BLOG

 

Crise du textile : presque 60 ans que ça dure

« La crise que nous vivons est la pire depuis 1930 », selon Dominique Jacomet (directeur de l’Institut français de la mode – IFM) interrogé par le Figaro en janvier 2013. Une crise qui semble prendre sa source aux alentours de 2009, tout du moins en France.

« La crise que nous vivons est la pire depuis 1930 »

Depuis, pas d’amélioration en vue… Les grands groupes textiles français galèrent. Par exemple Vivarte (La Halle, André, Kookaï…) qui annonçait en 2015 la suppression de 1600 postes.

L’IFM signalait en 2017 que la consommation dans le textile habillement avait reculé de 14% entre 2006 et 2016. Plus récemment, en 2018, une styliste freelance rapportait sur son profil Facebook que 50 à 70% (selon la période) des postes à pourvoir dans la Mode étaient des offres de stages. Mauvais signe…

Les explications sont multiples. Certains estiment qu’il y a trop de concurrence. Avec l’essor d’Internet mais aussi avec l’ouverture de trop nombreux points de vente physiques pour lutter contre cette nouvelle concurrence. On parle alors de « saturation du marché »). D’autres évoquent l’ascension puis la chute du marché chinois, qui a entraîné avec lui tous les marchés mondiaux, devenus dépendants de la production chinoise. Il a fallu s’adapter et aller voir ailleurs.

En conséquence, certains grands groupes éprouvent une nécessité de se diversifier face à la crise. Certains se tournent vers le digital, d’autres changent complètement leur fusil d’épaule et investissent dans des secteurs plus porteurs. On pense à Carrefour (2400 licenciements annoncés en 2018) qui va investir dans le numérique et dans le bio, au détriment, entre autres, de sa production textile (la marque Tex).

Néanmoins cette crise doit être relativisée par les statistiques (sources INSEE). Ça ne date pas d’hier… Depuis 1960 c’est toute l’industrie du textile français qui chute en termes d’emplois et de production. Seule la marge augmente sous l’effet des grands groupes (chaînes d’enseignes et les grandes surfaces spécialisées ou non) et de la mondialisation. La crise, elle n’est réelle que pour certains. Pour ceux qui ont les reins solides : il y a toujours des solutions, plus ou moins radicales…

H&M brûlerait ses stocks

On l’a appris fin 2017 : la célèbre enseigne de prêt-à-porter suédoise H&M est accusée de brûler ses stocks. 12 tonnes par an selon l’émission de télévision danoise « Opération X ». Ça reste à confirmer sur le plan légal, mais ça semble plausible quand on voit la consommation mondiale de vêtements, dont une grande partie est fournie par H&M.

Les suédois se justifieraient tantôt en invoquant des produits à risque que le plan chimique dans certains de ses vêtements (pas rassurant) tantôt en expliquant que la moisissure les rendrait impropres à la consommation quand ils sont stockés trop longtemps.

Ça déborde à la Croix Rouge

Selon une source interne, la Croix Rouge en vient même à refuser les vêtements qu’on lui donne. Ceux-ci débordent littéralement des entrepôts.

En effet, en cas de surplus l’ONG a pour habitude de revendre ses stocks. Problème : il coûterait plus cher de les stocker et les recycler que le prix de revente au kilo de ces stocks (à destination des pays importateurs de textile usagé, essentiellement en Afrique mais aussi au Moyen-Orient et en Europe de l’Est). Selon la même source, le prix au kilo du textile usagé dégringole… Résultat : la Croix Rouge perd de l’argent en essayant de trouver des solutions.

La solution : consommer moins

Pour équilibrer cette industrie, les fabricants doivent changer leurs pratiques, c’est évident. Mais surtout, nous aussi, les consommateurs, nous devons changer nos habitudes ! Etre un peu moins à la mode et un peu moins « bogoss’ », garder un jean 3 ans minimum (certains peuvent durer plus de 10 ans), acheter moins mais choisir mieux (plus costaud, moins tendance, plus durable, fabriqué plus près de chez nous) et éventuellement accepter de payer un peu plus cher.

Positivons ! L’INSEE nous précise également que la part budgétaire des ménages français en matière d’habillement a tendance à chuter depuis plusieurs années. S’agit-il des effets d’une baisse du pouvoir d’achat ou le début d’une prise de conscience chez les consommateurs ?

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