C’est un de ces spectacles qui donne envie de conserver son ticket précieusement dans un tiroir, voire de l’encadrer avec soin. C’est presque un sentiment de fierté d’y avoir assisté, tellement vous sentez que c’était un moment rare, réservé à quelques rares chanceux. Il faut bien l’enregistrer dans son tiroir à souvenirs car, c’est sûr, il y a peu de chances que ça se reproduise d’aussitôt. Non, je n’ai pas fait une rencontre du troisième type dans un champs de maïs : j’ai juste vu Alexandre Astier sur scène.

Une grande majorité du public présent ce soir là à l’Olympia vient voir Alexandra Astier en raison de sa notoriété télévisuelle avec la série à succès Kaamelott dont il est à la fois le créateur, l’auteur, le réalisateur et l’acteur principal. Il compose aussi les musiques de la série. Existe-t-il quelqu’un de plus multitâche dans le paysage artistique français ?

Pourtant l’ « Exoconférence« , spectacle dont je suis venu digitalement vous causer aujourd’hui, est finalement relativement éloigné de l’univers de Kaamelott. Bon, certes on retrouve toujours cet humour largement inspiré des Monty Pythons et cette « Astier touch » reconnaissable entre toutes : langage châtié de charretier, répliques cultes, décalages temporels, science-fiction et second (ou troisième) degré. La base est là, c’est vrai. Mais il y a bien autre chose dans ce spectacle : il y a de la poésie, beaucoup de poésie, de la science et de la culture (notez que j’ai supprimé les majuscules qu’on emploie parfois pour les flatter, tellement Astier les désacralise), une véritable mise en scène (pas juste du « one man show »), des effets visuels et de la musique « live ». Tout ça…

Ce qui donne un spectacle vraiment hors format, quelque chose de très atypique sans être non plus trop conceptuel ou chiant tellement c’est barré. La frontière entre l’originalité et l’élitisme est très mince. Trouver un juste milieu en proposant au public un savant mélange des deux tout en conservant un véritable potentiel populaire est extrêmement compliqué ; et sur ce point l’Exoconférence est, selon moi, un modèle du genre.

Mais plus que tout, ce qui m’a frappé dans ce spectacle, c’est le plaisir évident avec lequel Astier joue son spectacle et l’état d’esprit (enfin je suppose) dans lequel il l’a écrit. On sent une très nette volonté de se faire plaisir. On est à la limite de l’ « égotrip » sans toutefois tomber dans quelque chose de trop personnel auquel les gens n’adhéreraient pas. Le tout fonctionne très bien.

Alexandre Astier , c’est confirmé, est un artiste de grande classe, ingénieux, très complet et très créatif. Et surtout il est LIBRE. Hier soir, par procuration, c’était un grand bonheur de vivre ça avec lui.

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