Quelques mots dans le grand vide éditorial que propose ces derniers temps Les Equilibristes (que je ferais mieux d’écrire au singulier mais c’est trop tard le nom de domaine est réservé), pour vous parler d’un tout nouvel hebdomadaire papier nommé Ebdo, dont le premier numéro est sorti ce vendredi 12 janvier 2018.

Cet article a été réalisé en mode BLOG

Ebdo est révolutionnaire !

Non pas qu’il incite à descendre dans la rue pour protester contre les nombreuses injustices que révèlent depuis plus de 10 ans la maison d’édition qui le produit (Rollin Publications, éditrice également des excellentes revue XXI et 6 Mois), car Ebdo est humble : il débute. Non, plutôt pour des raisons toutes simples et pourtant si complexes à mettre en place.

Ebdo est imprimé

Pas de commentaires…

Ebdo est indépendant

Chaque média devrait l’être. Mais ils se sont enfermés dans un système dont ils ont perdu la clé. La publicité a pourri la Presse. Ebdo vit grasse à ses lecteurs. Point barre.

Ebdo est ouvert

Il observe le monde (normal, on parle de journalisme) mais il prend également note des propositions, témoignages et recommandations de ses lecteurs. Mieux (pire ?) : il peut autant traiter de philosophie et d’économie que dévoiler des recettes de cuisine ou proposer des mots-croisés.

Ebdo est accessible

Il est fait pour être lu et compris par le plus grand nombre. Les sujets traités ne sont donc pas élitistes, tout comme leur rédaction (vocabulaire et complexité). Surtout, le prix de l’abonnement varie entre 5 et 20€ par mois selon les moyens des lecteurs. Fou. Génial. Enfin !

Ebdo est aussi (un peu) numérique

Et c’est pas rien quand on sait à quel point ses concepteurs Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry semblaient jadis allergiques au numérique. Oui, le papier et le web peuvent être complémentaires. Oui il y a du bon dans Internet et la technologie. Ce sont d’excellents outils. Avec un couteau, on peut autant devenir cuisinier que meurtrier. Tout dépend de l’usage qu’on en fait.

Ebdo est (un peu) décevant

Parce que je m’attendais à mieux. Je dis bien « je »… Je ne suis sans doute pas vraiment dans la cible. Trop parisien, bien que banlieusard, trop communicant (c’est mon métier) donc relativement cultivé sur le plan médiatique, trop exigeant sur le plan éditorial et graphique, un peu snob aussi, sans doute. J’avoue que la recette de cuisine (poêlée de palourdes au curry vert), les mots fléchés et certaines autres rubriques ou articles m’ont un peu surpris. Je trouve l’ensemble un peu trop hétérogène. Mais c’est peut-être finalement une force. Après tout je suis le premier à défendre la polyvalence et l’ouverture…

Côté forme, la maquette me semble assez classique (mais jolie) également, sans plus. Reste cette couv’ sur 2 pages, innovante mais trop criarde à mon goût en première. Le style et le graphisme de XXI et 6 mois sont moins présents même si l’ensemble reste bien fichu et harmonieux.

Globalement mon ressenti, c’est que ça manque un peu de finesse. Là tout de suite, à chaud : je ne sais pas si je m’abonnerai à Ebdo comme je l’ai fait pour XXI ; ou si je collectionnerai les numéros, comme pour 6 Mois. Faut voir… Mais, au final, si ça réconcilie monsieur-tout-le-monde avec la Presse, si ça lui donne envie de lire et s’informer, j’imagine que le pari est gagné. Reste à savoir si la base du lectrat de Rollin Publications les suivra sur cette route.

J’espère toutefois qu’ils sauront éviter l’écueil de tomber dans ce bon vieil « infotainment » ou un certain manque de mordant journalistique, voire produire des enquêtes rapides (un comble pour une maison d’édition qui prône d’habitude le journalisme qui prend son temps).  Je ne sais pas pourquoi mais j’ai confiance. On n’efface pas 10 années de qualité éditoriale avec un numéro un peu bancal, le cul entre deux chaises. Ebdo va certainement tâtonner un peu au début, mais je sais qu’ils vont trouver le bon compromis, la bonne voie. Ou alors, est-ce à nous, les lecteurs de XXI and co, trop campés sur nos positions, de nous adapter ?

Ebdo ne fait que débuter

Ils le disent eux-même dans leur éditorial : « Aidez-nous à corriger nos erreurs de jeunesse, à devenir meilleurs. » Signe qu’Ebdo est amené à beaucoup bouger selon les retours de leurs lecteurs dans la rubrique La Source de leur site, créée à cet effet. Si ce numéro 1 n’est pas parfait, le concept et l’esprit sont là. Et c ‘est le principal quand une nouvelle aventure commence. C’est sûr, dans les semaines à venir, il ne fera que s’améliorer.

Alors, en attendant que Les Equilibristes trouvent enfin le temps et les moyens de faire quelque chose de bien avec ce site, si nous avons un bon conseil à vous donner : lisez Ebdo ! Une vraie source d’info de qualité, hebdomadaire et ouverte, avec laquelle nous nous sentons vraiment en phase.

#jelisEbdo

Ebdo, numéro 1

A propos de l'auteur

VUZZ est à l'origine du projet. Il anime le site et publie régulièrement (ou pas) des articles.

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